Questions fréquentes

Les questions qui reviennent en contrôle, en audit et en formation.

Les réponses donnent le principe applicable et renvoient à l’article de fond lorsqu’il existe. Elles ne dispensent pas d’une analyse de votre situation particulière ni de la lecture du texte, qui seul fait foi.

32 questions, 9 thèmes

Champ d’application

Ce site s’adresse-t-il uniquement aux fabricants ?

Non. Les obligations présentées — hygiène, étiquetage, allergènes, HACCP, autocontrôles, gestion des rappels — s’appliquent à tout exploitant du secteur alimentaire : atelier de deux personnes, site industriel certifié, entrepôt, grossiste, enseigne, cuisine centrale, vendeur en ligne, importateur. Ce qui varie, c’est le niveau de formalisation attendu et les moyens mobilisés, pas le principe réglementaire.

Ces contenus remplacent-ils un Plan de Maîtrise Sanitaire ?

Non. Un PMS est propre à un établissement : il découle de ses produits, de ses procédés, de ses locaux et de son analyse des dangers. Les contenus de ce site expliquent les obligations et les méthodes ; ils ne constituent ni un modèle prêt à l’emploi ni une validation de votre dispositif.

Étiquetage

Quelles mentions sont obligatoires sur un produit préemballé ?

Douze mentions, fixées par l’article 9 du règlement (UE) n° 1169/2011 : dénomination, liste des ingrédients, allergènes, quantité de certains ingrédients, quantité nette, DLC ou DDM, conditions de conservation et d’utilisation, nom et adresse de l’exploitant, pays d’origine lorsqu’il est requis, mode d’emploi si nécessaire, titre alcoométrique au-delà de 1,2 % vol., déclaration nutritionnelle sauf exemption. Détail dans l’article sur l’étiquetage.

Quelle différence entre DLC et DDM (ex-DLUO) ?

La DLC (« à consommer jusqu’au ») s’applique aux denrées microbiologiquement très périssables ; au-delà, la denrée est réputée dangereuse et ne peut plus être commercialisée. La DDM (« à consommer de préférence avant ») est une date de durabilité minimale : au-delà, le produit peut perdre en qualité organoleptique ou nutritionnelle sans devenir dangereux, et reste commercialisable sous la responsabilité de l’exploitant.

Comment justifier la durée de vie que j’ai fixée ?

Par des éléments objectifs : études de vieillissement, tests de croissance microbienne pour les produits sensibles, microbiologie prévisionnelle, données de la littérature, guide de bonnes pratiques de la filière. La fixation de la durée de vie relève de la responsabilité de l’exploitant ; une durée fixée sans justification documentaire est une non-conformité couramment relevée. Méthode dans l’article sur la durée de vie.

Quelles règles pour un produit vendu en vrac ou à la coupe ?

L’information sur les allergènes reste obligatoire et doit être écrite, visible, sans que le consommateur ait à la demander (décret n° 2015-447). S’y ajoutent, selon les produits, la dénomination, le prix et l’origine des viandes concernées. L’absence de support écrit sur les allergènes est l’un des manquements les plus relevés en vente directe.

Allergènes

Quels sont les quatorze allergènes à déclaration obligatoire ?

Céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, anhydride sulfureux et sulfites au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/l, lupin, mollusques — avec les exceptions listées à l’annexe II du règlement INCO. Liste détaillée dans l’article sur les allergènes.

Comment doivent-ils apparaître sur l’étiquette ?

Dans la liste des ingrédients, sous le nom de la substance de l’annexe II, mis en évidence par une typographie qui les distingue nettement : gras, majuscules, soulignement ou couleur. Un allergène présent mais non différencié visuellement constitue une non-conformité, même si l’ingrédient est bien mentionné.

Quand faut-il mentionner un risque de traces ?

Lorsque l’allergène n’entre pas dans la recette mais que le procédé ne permet pas d’exclure une contamination croisée, et que cette conclusion découle d’une analyse de risque documentée. La mention est volontaire ; apposée systématiquement « par précaution », sans analyse, elle dégrade l’information du consommateur allergique et ne peut être justifiée en contrôle.

HACCP et Plan de Maîtrise Sanitaire

L’HACCP est-il obligatoire pour une très petite structure ?

Oui. L’obligation de mettre en place des procédures fondées sur les principes HACCP s’impose à tout exploitant, quelle que soit sa taille (règlement (CE) n° 852/2004, art. 5). La réglementation prévoit une flexibilité dans la formalisation, notamment par le recours à un guide de bonnes pratiques d’hygiène validé, adapté à l’établissement.

Que contient un Plan de Maîtrise Sanitaire ?

Trois volets : les bonnes pratiques d’hygiène (locaux, équipements, personnel, nettoyage-désinfection, nuisibles, eau, déchets), le plan HACCP proprement dit (analyse des dangers, points critiques, limites, surveillance, actions correctives), et le système de traçabilité et de gestion des produits non conformes. Détail dans l’article sur l’HACCP.

Quelle différence entre CCP et PRPo ?

Un CCP maîtrise un danger significatif par une mesure vérifiable par rapport à une limite critique mesurable et surveillée systématiquement — un barème de cuisson, par exemple. Un PRPo maîtrise un danger significatif par une mesure dont l’efficacité se vérifie par des critères d’action plutôt qu’une limite stricte — un protocole de nettoyage renforcé entre deux allergènes.

Un guide de bonnes pratiques d’hygiène suffit-il ?

Un GBPH validé constitue une base reconnue et facilite considérablement la construction du dispositif, mais il ne s’applique jamais tel quel. Il doit être adapté aux produits, aux procédés et aux locaux de l’établissement ; c’est cette adaptation, documentée, qui est attendue en contrôle.

Autocontrôles et traçabilité

À quelle fréquence réaliser les relevés de température ?

Il n’existe pas de fréquence unique imposée à tous. Elle découle de l’analyse des dangers et du niveau de risque de l’équipement concerné : quotidienne ou pluriquotidienne sur une enceinte de produits très périssables, moins fréquente ailleurs. Le point essentiel est de pouvoir expliquer et documenter le choix retenu.

Combien de temps conserver les enregistrements ?

Une durée cohérente avec la durée de vie des produits, permettant de reconstituer une traçabilité en cas d’alerte. En pratique, la durée de vie du produit augmentée d’une marge de sécurité ; pour des produits à DLC courte, plusieurs mois à un an constituent un usage courant.

Une sonde connectée dispense-t-elle des relevés manuels ?

Elle fiabilise la mesure et fournit un historique exploitable, mais elle ne dispense pas de démontrer que les alertes sont vues et traitées, ni de vérifier périodiquement l’instrument. Ce qui est contrôlé, ce n’est pas la courbe : c’est la réaction à l’écart.

Contrôles officiels et agrément

Déclaration, dérogation ou agrément : de quoi relève mon établissement ?

Tout établissement qui manipule des denrées se déclare avant ouverture. La dérogation à l’agrément concerne le commerce de détail de produits d’origine animale qui cède une part limitée de sa production à d’autres détaillants (30 % au plus, quantités hebdomadaires plafonnées, rayon de 80 km). L’agrément s’impose dès que des produits d’origine animale sont livrés à d’autres établissements au-delà de ces limites, ou exportés. Le critère n’est pas la taille, c’est le client. Détail dans l’article sur l’agrément.

Une inspection est-elle annoncée ?

Non, sauf visite d’agrément ou contre-visite programmée : l’inspection est inopinée. Refuser l’accès ou faire attendre l’inspecteur constitue un délit d’obstacle. La bonne attitude est d’accueillir, de prévenir le responsable, de laisser la production se poursuivre et de tenir les documents du PMS à disposition. Déroulé dans l’article sur l’inspection.

Que signifient les niveaux « satisfaisant », « à améliorer » sur Alim’confiance ?

Le résultat de chaque inspection est publié pendant un an selon quatre niveaux : très satisfaisant (pas de non-conformité ou seulement mineures), satisfaisant (non-conformités sans mesure de police administrative), à améliorer (mise en demeure avec délai et contre-visite), à corriger de manière urgente (danger pour le consommateur, fermeture ou retrait d’agrément). Ce résultat est visible par vos clients professionnels.

Comment répondre à une mise en demeure ?

Par écrit, point par point, dans le délai fixé : pour chaque constat, l’action immédiate, l’action de fond qui empêche la récidive, un responsable, une date et des preuves (photos, procédure révisée, fiche de formation, devis). La contre-visite porte sur les points listés ; la levée dépend de preuves tangibles. Contester est possible mais doit s’appuyer sur des éléments factuels.

Certifications

Une certification IFS ou BRCGS est-elle obligatoire ?

Non, aucune réglementation ne l’impose. Elle est exigée contractuellement par la plupart des enseignes de la distribution pour leurs fournisseurs et pour les marques de distributeur, et de plus en plus par les industriels envers leurs propres fournisseurs. Sans certification, l’accès à ces marchés se ferme ; avec, les audits clients se réduisent. Comparatif dans l’article sur le choix du référentiel.

IFS Food, BRCGS ou FSSC 22000 : lequel choisir ?

Celui que demandent vos clients principaux : IFS Food domine en France, en Allemagne et en Italie ; BRCGS au Royaume-Uni et dans les pays anglo-saxons ; FSSC 22000 est apprécié des groupes internationaux et des industries d’ingrédients pour son approche système (ISO 22000). Les trois sont reconnus par la GFSI et couvrent largement les mêmes exigences ; ils diffèrent par la méthode d’audit, la notation et la culture documentaire.

Combien de temps et de budget prévoir pour une première certification ?

De six à dix-huit mois selon le point de départ (PMS existant, maturité des enregistrements, état des locaux). Le budget comprend l’audit de certification par un organisme accrédité (quelques milliers d’euros selon la taille du site et le référentiel), l’éventuel accompagnement, les mises à niveau (équipements, étalonnages, analyses, formation) et le temps interne — souvent le poste le plus sous-estimé. Détail dans l’article sur IFS Food v8.

Que sont la « culture de la sécurité des aliments » et le VACCP demandés par les référentiels ?

La culture de la sécurité des aliments désigne les valeurs, comportements et pratiques partagés dans l’entreprise ; les référentiels demandent un plan avec objectifs, mesures et indicateurs, porté par la direction. Le VACCP est l’évaluation de la vulnérabilité à la fraude alimentaire (substitution, adultération, fausse origine), matière par matière, avec des mesures proportionnées ; le TACCP est son équivalent pour la malveillance (food defense). Voir les articles sur la culture de la sécurité des aliments et la fraude alimentaire.

Distribution, restauration, import

Un distributeur qui ne fabrique rien a-t-il des obligations en sécurité des aliments ?

Oui, les mêmes obligations de base que le fabricant : ne pas mettre sur le marché une denrée dangereuse, respecter la chaîne du froid et l’hygiène de l’entreposage et de la vente, tracer les fournisseurs et les clients professionnels, retirer et rappeler. Pour un produit sous marque de distributeur, il porte en outre la responsabilité de l’étiquetage et de la conformité comme s’il l’avait fabriqué. Détail dans l’article sur les distributeurs.

Dois-je auditer mes fournisseurs ?

La réglementation impose de connaître ses fournisseurs et de ne pas acheter de denrées dangereuses ; les référentiels de certification exigent une procédure d’approbation et de surveillance fondée sur le risque. En pratique : questionnaire et certificats pour le risque faible, audit sur site pour le risque élevé et les marques de distributeur, suivi par indicateurs pour tous. Méthode dans l’article sur l’audit fournisseur.

Qu’est-ce qu’un plat témoin et combien de temps le conserver ?

En restauration collective, un échantillon représentatif (80 à 100 g) de chaque plat et de chaque composante servis, prélevé dans les conditions du service, identifié, conservé au froid positif pendant au moins cinq jours après le service, pour permettre l’analyse en cas de suspicion de toxi-infection. Règles détaillées dans l’article sur la restauration collective.

Quels produits importés passent obligatoirement par un poste de contrôle frontalier ?

Tous les produits d’origine animale (viandes, produits laitiers, produits de la pêche, œufs, miel…), certains produits composés selon leur teneur en ingrédients animaux, et les végétaux figurant sur la liste des contrôles renforcés (certaines épices, fruits secs, sésame, thé, selon le pays d’origine), avec certificat officiel et pré-notification dans TRACES. L’importateur reste responsable de la composition, de l’étiquetage et de la traçabilité. Détail dans l’article sur l’import.

Non-conformités, retraits et rappels

Quelle conduite tenir face à un écart détecté en production ?

Isoler immédiatement les lots concernés, analyser la cause réelle, décider du sort du produit et mettre en place l’action corrective qui empêche la récurrence, puis tracer l’ensemble par écrit. L’absence de traçabilité du traitement est souvent plus pénalisante que l’écart lui-même. Méthode détaillée dans l’article sur les non-conformités.

Quelle différence entre retrait et rappel ?

Le retrait vise à empêcher la distribution et l’offre à la vente d’un produit encore dans le circuit commercial. Le rappel s’adresse au consommateur qui a déjà pu acquérir le produit et suppose une information publique. Il est engagé lorsque le produit a pu atteindre le consommateur final et présente un risque pour la santé.

Quand l’information des autorités devient-elle obligatoire ?

Dès qu’un exploitant considère ou a des raisons de penser qu’une denrée qu’il a mise sur le marché ne répond pas aux prescriptions de sécurité et n’est plus sous son contrôle direct (règlement (CE) n° 178/2002, art. 19) — en pratique, la direction départementale en charge de la protection des populations. Un écart détecté et traité avant toute mise sur le marché ne déclenche pas cette obligation, mais doit être documenté.

Je reçois un avis de rappel d’un fournisseur : que dois-je faire ?

Rapprocher dans l’heure les lots reçus avec ceux visés, bloquer physiquement, et — si vous avez incorporé la matière dans des produits finis déjà mis sur le marché ou redistribué le produit — retirer ces produits, informer vos clients professionnels et l’administration. Conserver la trace de chaque étape. Conduite détaillée sur la page Rappels de produits.

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